Le Vietnam vu par Jorge Rigol


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Une exposition de 18 dessins faits par un des plus grands créateurs cubains, l’artiste Jorge Rigol (1910-1991) et inspirés de l’esprit du peuple vietnamien est ouverte dans l’Édifice d’Art Universel du Musée National des Beaux-Arts.

Intitulée Vietnam desde la mirada de Rigol (Le Vietnam vu par Rigol), l’exposition est centrée sur la réalité de cette nation sœur dans les années 60 et elle est idéale pour visiter de nouveau ces œuvres dans le cadre des activités découlant du fait que la XXIXe Foire Internationale du Livre est dédiée à ce pays asiatique.

La curatrice de l’exposition est María Lucia Bernal Delgado et elle montre de façon éloquente les qualités linéaires des dessins de Jorge Rigol, et elle y révèle l’héroïsme des Vietnamiens face à l’agresseur impérialiste et les grands efforts qu’ils ont déployés en faveur de l’indépendance.

C’est un travail artistique d’une grande qualité et intensité dans lequel Rigol revient à une simplification de la ligne ; les traits de ses personnages apparaissent dans une synthèse magistrale formant un univers poétique, à travers lequel il capte la vie quotidienne d’un peuple courageux qui fait face avec sérénité absolue aux avatars de la guerre.

Dans l’exposition Le Vietnam vu par Rigol, ce qui est humain l’emporte sur toute contingence et c’est, précisément, dans cette projection sociale où nous trouvons le meilleur enseignement que l’artiste nous laisse en tant que legs de pérennité.

Rigol est un maître et un exemple sans pareil qui expose une aventure passionnante avec la technique de la gravure, car, avec peu de ressources, avec des traits fermes et avec des contours marqués, le blanc et le noir prennent une signification singulière. La prise du volume et l’illusion de la perspective sont des caractéristiques inhérentes à son œuvre graphique.

Son regard créatif a toujours été « au service des meilleurs intérêts de la communauté et de l’homme que ce soit lorsqu’il traduit une angoisse individuelle illustrant une narration à laquelle il s’identifie avec un vaste objectif collectif », comme l’a relevé l’intellectuel Juan Marinello dans un texte intitulé El mundo lineal de Jorge Rigol (Le monde linéaire de Jorge Rigol).

Rappelons que ce grand artiste s’est toujours intéressé aux thèmes sociaux car il avait créé avant un ensemble de pièces à un caractère social profond et avec un traitement esthétique vigoureux comme en témoignent les illustrations faites pour la revue Masas (Masses), contraire au dictateur Machado ; pour El Obrero (l’ouvrier), dans lesquelles il utilise la tâche d’encre noire avec des nuances expressionnistes, toutes les deux en 1934; et pour El Trabajador, en 1935, dans lesquelles il définit sa force à travers une synthèse raffinée dans l’utilisation du dessin en se servant d’une ligne d’angles droits.

Né en 1910 à Guantánamo, Jorge Rigol a été autodidacte. En 1934 il a publié son premier dessin dans le journal Ahora quand il faisait partie de l’Aile Gauche Etudiante. Dans les années 30, suite à la fermeture de l’Université de La Havane où il étudiait Philosophie et Lettres, il est parti pour le Mexique attiré par le muralisme et avec l’idée de se consacrer à la peinture. Il y a changé de plans, car il a décidé de se joindre à l’Atelier de Graphique Populaire. Cela a laissé une forte empreinte sur sa carrière. Pendant les 8 années qu’il a passées dans ce pays il a créé une grande partie de son œuvre graphique.

L’illustration a été un point fort de la créativité plastique de Jorge Rigol. Depuis son retour à Cuba en 1945 elle a été au centre de son travail.

Il a laissé son empreinte dans plus d’une quarantaine de livres : Tobías y San Abul de Montecallado, de Félix Pita Rodríguez; Los Valedontes, de Alcides Iznaga; Taita, diga usted cómo, de Onelio Jorge Cardoso; Mi casa en la tierra, de Loló de la Torriente. Des publications dont Carteles, Bohemia et Mensuario gardent l’empreinte de ce créateur.

Son œuvre Apuntes sobre la pintura y el grabado en Cuba (Des notes sur la peinture et sur la gravure à Cuba), parue en 1983, a été un très grand apport aux arts plastiques cubaines. C’est une livre qui recueille de façon synthétique l’histoire de l’Académie San Alejandro, ses principaux promoteurs et ses principaux représentants. L’artiste y marque des tendances et des écoles, signale des passages obscurs, des problèmes qui doivent encore faire l’objet de recherches et des mérites qui doivent encore être reconnus. Il y a brossé un panorama fascinant de nos arts plastiques, depuis les origines jusqu’en 1927.

Traduit par: Reynaldo Henquen Quirch


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